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LES FAUX Les 20 Francs or

22 Novembre 2014 , Rédigé par Achator Publié dans #Monnaies & Lingot

Bien entendu, il existe de faux napoléons mais ils sont rares.

Selon la législation en vigueur, c'est de la fausse monnaie…. Pénalités concernant la détention similaires à celles de la contrefaçon telles qu'indiquées sur vos billets de banque. Vous avez donc tout intérêt à vous renseigner et à vérifier si vos pièces sont authentiques. En cas de revente dans un achat d'or on ne les vous reprendra qu'au cours actuel du gramme d'or.

Cinq grandes familles de faux existent :

les tocs, les Montecatini, les platines, les russes, les longues queues.

Les tocs sont simplement en cuivre doré… le poids est largement faux, trop léger, l'imitation souvent moyenne (comparer les différents monétaires à la loupe x 10 avec un original certain, le faux est mou et manque de détails). Aucune valeur marchande, bien entendu. Ces faux ont surtout sévi durant la période 1944/1948, durant la fermeture du marché officiel et peuvent se trouver dans tous les lots acquis durant cette période troublée.

Les Montecatini sont des faux fabriqués en Italie durant les années 1860, pour profiter de la prime de la pièce par rapport au métal. Au bon poids et titre, ou presque, ils sont repris à un cours proche du gramme d'or. Le modèle le plus courant est le napoléon tête nue et ces faux se reconnaissent à la raie des cheveux de l'empereur, très particulière et profonde. On peut trouver ces faux dans tous les lots " de famille ", non passés entre les mains d'un changeur ou d'une banque. La prime était à l'époque très faible, correspondant théoriquement au coût de l'ouvrage, mais transposée sur des milliers ou centaines de milliers de pièces, finissait par représenter des sommes très importantes. Laurent Schmitt a pu montrer qu'une " gratte ", parfaitement officielle et légale, dans les limites de la tolérance autorisée, de 0,20 grammes par pièce, avait pu faire du Directeur de la Monnaie de Lille sous Louis-Philippe l'équivalent d'un milliardaire d'aujourd'hui : il faut dire que les 0,20 grammes gagnés par pièce portaient sur une production de trente millions de pièces de 5 francs…..

Les platines peuvent être intéressants a acheter car ils sont rares et collectionnés. Ils se reconnaissent à un tintement particulier, à un poids légèrement différent des 6,45 grammes réglementaires, à un flou des motifs et à l'apparition d'une couleur grise aux points d'usure. Sous Napoléon III, le platine, considéré comme un sous-produit minier, n'avait pas d'utilisation ni en industrie ni en bijouterie et valait trois fois moins cher que l'or. Son poids volumique étant très proche de celui de l'or, sans avoir le défaut de la mollesse du plomb, il fut utilisé par des faussaires inventifs pour fabriquer de fausses pièces de 10 et 20 francs or, dorées en surface avant "utilisation". On peut trouver des platines dans tous les lots "de famille", qui ne sont pas passés par les mains de changeurs. Selon l'état de conservation et la qualité du faux, nous achetons les 20 francs platine entre le cours et deux fois le cours pour les exemplaires exceptionnels de qualité et de fabrication.

Les russes sont les faux les plus fréquents. Ce que je vais rapporter à leur propos fait partie de ce que les anciens changeurs racontaient aux apprentis, et que l'on m'a raconté à l'époque. Si non e vero, e bene trovato et les archives du Kremlin donneront peut-être un jour le fin mot de cette histoire, pour peu qu'elles soient consultées à ce propos. On appelle faux russes des faux à l'or légèrement "vert", d'un jaune très blanc, probablement fabriqués avec un mélange 900/1000 d'or et 100/1000 argent/cuivre et non pas 900/1000or/ 100/1000 cuivre. Les types falsifiés sont toujours le modèle Génie et le modèle Coq, de nombreuses dates différentes existent. Le faux est frappé assez mou et les différents monétaires sont très mal rendus. On prétend que ces pièces furent fabriquées durant la guerre froide en Union Soviétique avec l'or extrait par les déportés des camps de concentration, pour être exportées à l'Ouest et y financer les activités de propagande pro-communiste, journaux, partis et syndicats stipendiés. L'idée n'était pas mauvaise car elle rentabilisait une matière première dont l'Union Soviétique disposait, évitait de gaspiller des devises étrangères dures à acquérir ; les faux représentaient une valeur importante sous un volume réduit et leur négociation en France pouvait se faire sous le couvert de l'anonymat. La qualité médiocre de ces faux ne dénote pas une grande motivation du faussaire, leur quantité et qualité très standardisée dénotent une production quasi-industrielle. L'histoire est donc crédible et ne demande qu'à être vérifiée par un chercheur dans les archives russes… On trouve ces faux dans les lots achetés avant 1955/1960. Ces pièces sont en général aux bons poids et titre et nous les reprenons à un cours proche de 80% du cours du jour.

Les longues queues sont des "faux" (?) au modèle Coq, qui ont toutes les caractéristiques des refrappes Pinay - or très rouge, frappe très ferme à haute pression, état à Fleur de Coin - mais sont issus de coins différents des originaux. On les reconnaît à leur aspect général et à une petite plume de la queue du coq qui dépasse au revers au dessus du F de Francs. Ces faux furent détectés à la fin des années 1970 par Claude Pompidou qui était chef du Service de l'Or à la défunte Banque Rotschild. Ils firent alors l'objet d'une psychose parmi les professionnels tellement ils étaient difficiles à détecter.

Une enquête officielle fut diligentée, menée par les experts de la Monnaie de Paris, qui étudièrent les outillages originaux. En effet, on ignorait si ces coins variés avaient été fabriqués et utilisés lors de la grande Refrappe des années Pinay ou s'ils étaient une réalisation moderne de faussaires libanais ou italiens. La question était d'importance car la prime de l'époque, énorme, permettait des bénéfices de l'ordre de 100% à qui aurait pu transformer de l'or de lingots en napoléons. La question ne semble pas avoir été tranchée avec certitude et, avec les années Mitterrand, l'envolée de la Bourse et l'effondrement de la prime, le sujet semble avoir perdu de son acuité. Ces "faux"(?) peuvent se trouver dans les lots de coqs achetés après les années 1950, quelque soit leur provenance.

Les refrappes Pinay.

Ces pièces sont des refrappes officielles et en aucun cas des faux. Selon le principe du "Bon Plaisir" que la République Française a repris discrètement à nos derniers rois, il fut organisé officiellement à partir des années 1950 une opération de refonte et refrappe des napoléons de la Banque de France qui, réalisée par un individu privé, l'aurait envoyé en prison pour une très très longue durée sous l'inculpation de faux-monnayage. Les stocks d'or détenus par la Banque de France comprenaient de nombreuses pièces de "mauvaise livraison", usées ou abîmées, voire fausses, qu'il n'était pas possible de remettre sur le marché, celui-ci étant devenu très exigeant sur la qualité des pièces. Ces pièces posaient aussi des problèmes de comptabilité, du fait du frai. Il fut donc refondu et refrappé des millions de pièces, toutes au modèle du Coq 1907/1914, donc avec la tranche en LIBERTÉ ÉGALITÉ FRATERNITÉ - restons républicains, même dans la tricherie - et non pas comme sur le modèle 1898/1906, DIEU PROTÈGE LA FRANCE. Bien évidemment, le public ne fut pas admis à apporter ses napoléons usés pour les faire remplacer par des neufs, fusse avec une "prime de fabrication". Cette situation permit aux détenteurs de refrappes de faire des profits extraordinaires lors de la hausse de la prime, lorsque le napoléon abîmé, au poids, valait 400 francs, la refrappe neuve en valant de 900 à 950. Il faut reconnaître à leur décharge que nos gouvernants n'avaient tellement pas imaginé cette hausse, conséquence directe de leur incurie et du manque de confiance des Français dans l'avenir, que l'emprunt Giscard, de funeste mémoire pour les Finances Publiques, fut lancé avec un napoléon cotant 75 francs et commença d'être remboursé avec un napoléon à 900 francs…. Les refrappes sont très difficiles à différencier des originaux en frappe d'époque. Elles représentent le nec plus ultra de la qualité de "pièce de bourse" puisqu'elles sont toujours neuves et n'ont même pas besoin d'être triées.

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